♦ Les risques sur la ressource en eau potable

L’exploitation menace de pollution la nappe alluviale du Drac, source d’eau potable exceptionnelle alimentant plusieurs dizaines de milliers d’habitants du Champsaur et du bassin de Gap. Cette nappe est une des plus importantes du département des Hautes-Alpes en qualité et représente un bien commun inestimable, toute pollution par les nitrates de la nappe serait un désastre environnemental et sanitaire irréversible.

Plusieurs milliers de mètres cubes de lisiers vont être traités par épandage sur les cultures et prairies de la vallée. Chargés en nitrate ces amendements vont diffuser dans les eaux souterraines et polluer même à faibles doses rivières, sources et nappes.

Très solubles dans l’eau, les nitrates constituent aujourd’hui la cause majeure de pollution des grands réservoirs d’eau souterraine. L’essentiel de cette pollution est dû à la différence entre les apports en nitrates sous forme d’engrais et ce qui est réellement consommé par les plantes. En France, plus de deux mille captages d’eau ont été fermés pour ces raisons.

Les conditions d’épandage sont particulières en zone de montagne et sont soumises à des contraintes fortes, non prises en compte jusque là : pendant près de cinq mois de l’année, les processus de dégradation des effluents sont bloqués (pas de croissance des plantes en hiver), ce qui limite la période d’épandage à 7 ou 8 mois. Les périodes d’épandages sont très courtes, principalement fin de printemps et automne pour ne pas polluer les production végétales. Il y a donc une pression très grande à devoir épandre l’immense stock de lisier avant l’hiver. Les fosses à lisier sont dimensionnées pour un stockage maximal de 7-8 mois. La tentation est donc grande de surdoser les amendements de lisier pour les écouler au plus vite, ou encore de les épandre à des moments défavorables à leur bonne assimilation par les cultures. Ceci augmente les risques d’excès de nitrate dans les sols, ou de lessivage de celui-ci par les pluies.

A ce jour, aucune étude d’impact n’a été réalisée pour mesurer ces risques, l’Etat et ses services se contentant de donner des consignes dans un plan d’épandage, sans aucun contrôle. Vu la sensibilité de la zone liée aux enjeux d’approvisionnement en eau potable, nous considérons qu’il est urgent, pour des raisons de préservation de la ressource, de programmer la mise en place d’une étude d’impact conséquente.
Le dossier déposé en Préfecture fait référence à des « expertises ». Mais celles-ci ne sont pas explicitées par des études géologiques et pédologiques démontrant l’absence de risque de pollution des aquifères souterrains et superficiels.

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♦ Mort des sols et déséquilibre agronomique de la vallée

De même, l’excès et la concentration de nitrate d’azote, phosphore, antibiotiques métaux lourds tuent les sols et les rend impropres à la production d’une nourriture saine pour les animaux ou les êtres humains. La production d’une telle quantité de lisier n’est pas compatible avec la relative fragilité agronomique de la vallée.

Par ailleurs, le choix de la technique d’élevage sur caillebotis produit du lisier dont la seule technique d’élimination est l’épandage. Au contraire, l’élevage sur « paillis » (c’est à dire sur de la paille) produit du fumier qui peut être méthanisé (ce qui est très difficile avec du lisier). Le Champsaur compte un nombre important d’élevages porcins, il est fort probable qu’une unité de méthanisation valorisation des produits secondaires de toutes les porcheries puisse atteindre un seuil de rentabilité économique.

Source : France Nature Environnement

Cette réflexion n’a jamais été menée par les instances professionnelles concernées. C’est d’autant plus regrettable qu’elle offrirait une réponse positive aux problématiques d’évacuation des déchets de cette agriculture industrielle.

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♦ Souffrance animale

La concentration des animaux dans des bâtiments de plus en plus grands implique des conditions d’enfermement incompatibles avec le bien-être des animaux. Tout est bon pour réduire les coûts et augmenter la productivité par heure de travail, par mètre carré de bâtiment, par kilogramme d’aliment.

Les porcs sont maltraités, en état de stress permanent, considérés comme des objets, ils n’ont pas même 1 m² de surface au sol pour survivre.

La technique d’élevage retenue sur caillebotis génère un inconfort physique et thermique manifeste pour les animaux. Ils ne peuvent ni courir, ni fouir, ne connaissent ni l’herbe, ni l’air libre. Ils sont battus et abattus sans ménagement, à 4 mois, apogée de leur enfer. Le choix d’un élevage sur paillis aurait sans aucun doute pu améliorer les conditions d’élevage des animaux. Nous nous étonnons d’ailleurs que cette technique n’ait pas été choisie par l’éleveur qui l’utilisait dans un autre établissement qu’il exploitait précédemment.

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♦ Déforestation – OGM – Glyphosate

Malgré les efforts notables des éleveurs des Hautes-Alpes, l’alimentation des porcs reste basée en grande partie sur du soja importé. Développer ce type d’élevage implique toutes les conséquences environnementales liées à la culture de cette légumineuse en Amérique du Sud.

La France importe annuellement 4,8 millions de tonnes de soja dont un tiers est destiné à la filière porcine. Ce qui correspond à 1,5 millions d’hectares de culture dont la majeure partie se situe au Brésil, celles-ci sont responsables du défrichement massif de la forêt primaire amazonienne. Ajoutons que ces cultures, majoritairement OGM, s’effectuent sous épandages de glyphosate (le Brésil à lui tout seul en consommant 173000 tonnes par an) et que les normes de résidus de glyphosate admissibles au Brésil comparée à celles de l’UE sont 200 fois plus élevées pour le soja.

Ce produit se retrouve donc dans la soupe donnée aux cochons puis dans nos assiettes.