Jeudi 25 mars 2010 – Loup : condamnation du braconnier

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Aujourd’hui à Gap, était annoncé le délibéré dans le procès contre le chasseur qui avait avoué avoir abattu dans les Hautes Alpes en décembre dernier une louve, espèce protégée. Réactions suite à la condamnation du chasseur.

Les faits examinés par le jury relevaient d’un acte de braconnage contre un individu d’une espèce protégée, en l’occurrence un loup, et le Tribunal s’est montré clair dans son verdict, condamnant le chasseur coupable des faits. Nos associations, parties civiles, demandaient la simple application de la loi et des sanctions prévues :« Lors du jugement, le Procureur avait requis une peine qui nous semblait justifiée dans une telle situation [1]. La décision aujourd’hui du tribunal tempère certes ces réquisitions, mais il y a bel et bien condamnation : annulation du permis de chasse, interdiction de le repasser pendant 2 ans, 4000 € d’amende dont 500 € fermes « « , insiste Nathalie de Stefano, qui représentait FNE et URVN lors du procès. FNE, la SAPN et l’URVN se sont en outre vues allouer 400 €de dommages et intérêts.

Contrairement à la journée du procès pendant laquelle des lobbys avaient manifesté pour affirmer leur colère face à la présence de ce prédateur, l’annonce du délibéré s’est déroulée dans le calme, à la satisfaction des associations, et probablement du chasseur, qui ne devrait pas faire appel.

FNE, URVN et SAPN rappellent que le loup est revenu naturellement en France depuis l’Italie il y a un peu plus d’une quinzaine d’années maintenant. La question de ce retour ne se pose plus en pour ou contre la présence du loup, mais comment on organise la cohabitation avec cette espèce pour qu’elle soit acceptable par tous. Les associations, en effet, n’ont jamais nié les contraintes supplémentaires que représentait le loup pour les éleveurs et les bergers. Les associations ont d’ailleurs accepté, comme le prévoit d’ailleurs la réglementation, des tirs en dernier recours sur les individus qui mettaient en échec la protection des troupeaux.

« Les modalités de cette cohabitation, ainsi que des tirs exceptionnels contre les loups, sont débattus dans un climat constructif au sein de groupes de concertation (Comités National et départementaux Loup, Conseil National de Protection de la nature), auxquels participent nos associations, les représentants des chasseurs et des professionnels des filières ovines, ainsi que les élus », détaille Hervé Gasdon, président de la SAPN.

C’est donc une décision de justice assez équilibrée, entre protection de la faune sauvage, compréhension du facteur humain et respect des lois qui a été rendue aujourd’hui, ce dont toutes les parties peuvent se réjouir.