Communiqué de presse SAPN et collectif “Vie et avenir en val de Durance”

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La Société Alpine de Protection de la Nature et le collectif « Vie et avenir en val de Durance » souhaitent intervenir suite à l’article de presse du jeudi 26 mars 2015 concernant l’équipement de la décharge de Ventavon par deux convertisseurs des biogaz en électricité.

Les explications de la Société Véolia pourraient laisser penser que tout est fait pour éviter aux riverains les désagréments habituels par des investissements de transformation des biogaz en électricité et par le traitement des lixiviats par osmose inverse. La réalité n’est malheureusement pas aussi respectueuse des riverains qui souffrent énormément de la présence d’odeurs pestilentielles insupportables et de gaz toxiques dangereux.

La Société Véolia se garde bien de préciser que les déchets des Alpes Maritimes et les mâchefers de la Région PACA sont également enfouis dans la dent creuse laissée en bordure de Durance par l’extraction des graviers, pour environ 40 000 tonnes par an (les déchets des Hautes-Alpes représentaient 53 647 tonnes en 2013).

La Société Véolia déclare que tout stockage de déchets génère du gaz et des jus. Ce que ne spécifie pas la Société, c’est que la loi interdit l’enfouissement des déchets non ultimes (débarrassé de tout ce qui est recyclable, dont les matières organiques), et que non seulement elle ne fait rien pour refuser les déchets fermentescibles en mélange provenant des collectes, mais qu’elle enfouit en violation de la loi de centaines de tonnes de déchets verts en provenance de la commune de Gap, et de biodéchets des gros producteurs (hypermarchés, restaurants…), tous déchets qui doivent être obligatoirement compostés.

Les collectes de déchets auprès des ménages, après tri sélectif des recyclables, dont les matières organiques, ne génèrent que des quantités infimes de biogaz et de lixiviats, mais la société préfère produire beaucoup de biogaz et vendre beaucoup d’électricité à tarif garanti plutôt que de pousser les collectivités locales à gérer leurs déchets dans les règles de l’art. Tout cela au détriment du bien-être et de la santé des riverains, mais aussi des conditions de vie des générations futures qui seront fortement impactées par les dérèglements climatiques : les biogaz et les déplacements des camions en provenance de la Côte d’Azur génèrent des gaz à effet de serre puissants, et en grande quantité.

On peut également dans ce domaine déplorer l’inaction de l’État délivrant les autorisations et chargé des contrôles et celle des collectivités chargées de la gestion des déchets non dangereux. Pourtant, les études montrent qu’une gestion des déchets réalisée conformément à la loi, et en respect de l’environnement et de la santé humaine, était toujours moins chère pour les usagers qu’une gestion irrespectueuse. A l’heure où de plus en plus de collectivités s’engagent dans le mouvement mondial « Zero Waste », dont celles du nord du département (Embrunais, Guillestrois, Briançonnais, Argentiérois), tout cela peut paraître très troublant.