Un projet photovoltaïque à la place du bois de Sellas

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En compagnie d’un entomologiste de Proserpine ainsi que de quelques opposants au projet, nous avons parcouru le périmètre de la partie du plateau concerné qui  se situe sur un grand plateau situé sur les communes de la Bâtie-Montsaléon, Aspremont et Sigottier.

Le projet photovoltaïque concerne 2 fois 30 hectares de forêt  : celle-ci serait rasée pour permettre l’implantation de ce projet photovoltaïque, sur la commune de la Bâtie-Montsaléon. Un couloir écologique est prévu entre ces 2 parcelles.

Il s’agit d’une chênaie d’un type particulier, par son originalité le Bois du Sellas est d’un grand intérêt sur le plan phytosociologique et sur celui de la biodiversité végétale.

Ce bois est constitué de Chênes pubescents, Pins sylvestres, Peupliers trembles et, çà et là, de Sapins. On y trouve, très disséminé, un arbre très rare localement, le Sorbier torminal, présent principalement dans le Rosannais.

La flore herbacée comporte un nombre important de plantes acidophiles et plus ou moins hygrophiles qu’on ne trouve habituellement pas dans ce type de bois mais plus fréquemment dans les hêtraies, dont 5 espèces de luzules. On y a observé 20 espèces d’Orchidées et quelques plantes rares :

Ce bois présente aussi une grande richesse mycologique : on y trouve souvent en abondance le Cèpe de Bordeaux localement très rare.

plan bois de sellas

Ce bois, inclus dans une zone ZNIEFF est donc à préserver à la fois pour son intérêt phytosociologique, comme représentant d’un type de chênaie rare servant de référence aux botanistes et aux forestiers et comme biotope d’espèces rares dont une espèce protégée, d’un nombre important d’Orchidées faisant partie d’une flore très riche. Il a aussi une grande valeur patrimoniale pour les habitants.

L’affaire se résume au remplacement d’un « puits de carbone » par des panneaux entourés d’une clôture de 2 m de haut et d’une piste anti-feu de 6 à 8 m de large… La société choisie, Solaire Direct, s’est engagée à louer au prix de 10 500 € / ha par an avec un bail de 20 ans renouvelable. La SAPN doit s’opposer fermement à ce projet de déforestation insensée.

Le parc  sera cédé à la commune pour 1 euro après un certain nombre d’année, puis son démantèlement sera à la charge de la commune.